Ben Askren tranche entre Arman Tsarukyan et Colby Covington avant RAF 11
Avant le choc entre Arman Tsarukyan et Colby Covington à RAF 11, Ben Askren voit un duel très compétitif, avec des arguments forts des deux côtés.

RAF 11 tient l’un de ses combats les plus intrigants de l’année. En main event, Arman Tsarukyan affronte Colby Covington dans un duel de lutte très attendu, loin de l’octogone mais avec une vraie curiosité pour les fans de MMA.
Tsarukyan arrive avec une dynamique parfaite dans l’organisation, où il affiche un bilan de 7-0. Covington, lui, représente son plus gros test jusqu’ici, par son passé de lutteur NCAA et son gabarit supérieur.
Askren voit des avantages des deux côtés
Ben Askren connaît parfaitement ce type d’exercice. Ancien lutteur de très haut niveau devenu combattant MMA, il sait mieux que beaucoup d’autres ce qui change lorsqu’un athlète passe d’une cage à un tapis de lutte.
Interrogé par MMA Fighting, Askren a d’abord rappelé que Covington n’était pas seulement un combattant UFC avec une base de lutte. Avant le MMA, l’ancien champion intérimaire welterweight avait déjà un vrai pedigree universitaire.
« Je pense que c’est intéressant. Colby était All-American en Division I, même si je crois que c’était en 2008 ou 2009, je peux me tromper sur l’année, mais c’était un très bon lutteur. Mais 2009, c’était il y a 17 ans. »
C’est là que se trouve toute l’ambiguïté du combat. Covington possède une base théorique supérieure, un passé de lutteur pur plus solide, et l’avantage naturel du gabarit. Mais Askren rappelle qu’une longue coupure dans la lutte spécifique peut forcément peser.
« On a vu que si tu ne continues pas la lutte, et c’était mon cas, moi je faisais du MMA mais je dirigeais une académie de lutte et je luttais très régulièrement avec des gars de très haut niveau. Mais si tu t’éloignes et que tu ne le fais pas pendant 15 à 20 ans, il y a une détérioration importante des compétences dans cette fenêtre de temps. Le MMA, ce n’est pas la même chose que la lutte. Il y a des similitudes, mais ce n’est pas la même chose. »
Cette précision est essentielle. Covington a toujours utilisé sa lutte en MMA, notamment par la pression, le cardio, le contrôle contre la cage et le volume. Mais un match RAF impose d’autres réflexes : pas de striking, pas de cage, moins de zones hybrides, et une lecture beaucoup plus pure des entrées, défenses et enchaînements.
Pour Tsarukyan, c’est précisément l’opportunité. Même s’il vient d’abord du MMA, il a beaucoup investi dans la lutte ces derniers mois, notamment pendant son attente d’un nouveau combat à l’UFC. Son activité à RAF lui donne un rythme spécifique que Covington n’a pas forcément retrouvé.
Le front headlock de Arman Tsarukyan peut faire la différence
Askren a identifié une arme particulièrement importante chez Tsarukyan : sa capacité à capitaliser sur les positions de front headlock et de chest wrap. Si Covington attaque les jambes sans être parfaitement propre, l’Arménien pourrait transformer ces entrées en opportunités décisives.
« Je pense que si Colby attaque, l’une des forces d’Arman, c’est la position de front headlock, chest wrap. Il est plutôt bon là-dessus. S’il peut y arriver, je le vois gagner le match. »
C’est peut-être le chemin le plus clair pour Tsarukyan. Il ne devra pas forcément dominer chaque échange. Un seul moment de contrôle sur une attaque mal préparée de Covington peut suffire à inverser la dynamique, marquer lourdement ou créer une action décisive.
Mais Askren n’écarte pas du tout l’ancien UFC. Au contraire, il considère que Covington possède des arguments évidents, notamment sa taille, sa force et sa capacité à imposer des attaques directes si le match se déroule à son rythme.
« Colby est évidemment plus grand, juste une personne plus grande. Il s’est un peu fatigué — je pense que [Chris] Weidman s’est davantage fatigué dans leur dernier match — mais Colby s’est fatigué aussi. Je vois ça comme un match très compétitif. »
La question physique sera donc centrale. Covington peut utiliser son gabarit pour pousser, tirer, déplacer Tsarukyan et créer des ouvertures sur les jambes. Mais s’il baisse en intensité ou se montre imprécis, Tsarukyan aura les armes pour punir.
Askren donne finalement un léger avantage à Covington, principalement pour cette raison.
« Si Colby arrive à pousser, tirer, le faire bouger un peu plus et obtenir quelques attaques propres aux jambes, je verrais Colby gagner. Je pencherais probablement très légèrement pour Colby, juste à cause de son avantage de taille. »
Ce pronostic montre bien la complexité du duel. Tsarukyan a l’activité, la forme du moment et des positions dangereuses. Covington a l’expérience historique de la lutte, le gabarit et une capacité à imposer un combat physique.
À RAF 11, le résultat pourrait donc se jouer sur une seule erreur. Une entrée trop basse, un front headlock mal défendu, une attaque de jambe parfaitement placée ou une baisse de rythme peuvent suffire à décider du match. Et c’est précisément ce qui rend cette affiche aussi intéressante : elle oppose deux hommes venus du MMA, mais qui devront répondre à une question beaucoup plus simple sur les tapis.
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