Alex Pereira peut-il vraiment performer en poids lourds ? La réponse d'un préparateur physique

Alex Pereira veut imiter Jon Jones chez les lourds, mais sa transformation express divise. « Ça ne se construit pas en six mois », prévient Michel Gillot.

Alex Pereira peut-il vraiment performer en poids lourds ? La réponse d'un préparateur physique

Alex Pereira a surpris tout le monde. À 38 ans, le Brésilien a changé de morphologie en quelques mois pour ses débuts chez les poids lourds. Face à Ciryl Gane dimanche à la Maison Blanche, il pesera sans doute plus lourd que jamais. Mais cette transformation express fait débat. Michel Gillot, préparateur physique renommé, a livré son analyse sans filtre. Sa conclusion : on ne construit pas un poids lourd en six mois. Et Jon Jones, justement, sert de contre-exemple.

L’ancien double champion (moyens et mi-lourds) tente l’exploit ultime : devenir le premier triple champion de l’histoire de l’UFC . Mais sa prise de masse fulgurante interroge. Entre admiration et scepticisme, les observateurs sont partagés.

Michel Gillot : la force de Jon Jones, un modèle inatteignable

Invité sur RMC, Michel Gillot a d’abord évoqué la puissance brute d’un autre monstre des lourds : Jon Jones. Le préparateur physique, qui a travaillé avec de nombreux athlètes de haut niveau, a été impressionné par ce qu’il a vu chez l’Américain.

« Je l’ai vu faire des soulevés de terre à 300 kg, et ça ne se construit pas en six mois. »

Une performance sidérante. Jones, qui a dominé Ciryl Gane en 2023, possède une force de préhension hors du commun. C’est ce qui lui a permis de contrôler le Français au sol et de l’étrangler au premier round . Mais Pereira, lui, n’a pas cette culture de la lutte ni cette force brute accumulée sur des années.

Gillot applique ensuite ce constat à Pereira :

« On dit qu’Alex Pereira a pris du bidon, qu’il prenne un peu de force, et développe ce côté-là un petit peu. Possible. Maintenant, changer le profil d’un type en six mois, surtout à l’âge, au moment de carrière où il est, très compliqué. »

Le message est clair. Pereira a 38 ans. Il a construit sa carrière sur le striking, pas sur la force maximale. Son corps n’a pas les mêmes repères qu’un poids lourd de naissance. La question est donc : son nouveau physique tiendra-t-il sur cinq rounds face à un mouvement perpétuel comme Ciryl Gane ?

Baba : Jon Jones a fait mentir les attentes

Baba a rebondi sur cette analyse en rappelant le précédent Jon Jones. L’Américain, lui aussi, avait fait parler de lui avant sa montée chez les lourds.

« On s’est beaucoup foutu de la gueule de Jon Jones pour monter chez les poids lourds. Il disait qu’il lui faudrait beaucoup d’années, il en a parlé longtemps. Et au final, il est arrivé avec une shape pas incroyable. On s’attendait à une shape d’Avengers. »

Jones n’avait pas le physique d’un bodybuilder. Mais il avait une arme que Pereira ne possède pas : une force de préhension exceptionnelle.

« Ce qu’il faut retenir, c’est que quand Jon Jones prend Ciryl, c’est un poids lourd avec une force de préhension apparemment hors du commun. »

Là où Jones a fait la différence sur le contrôle et la lutte, Pereira devra le faire sur le striking. Mais peut-il boxer cinq rounds avec 20 kg de plus que d’habitude ? L’incertitude est totale.

Une culture du pied-poings, pas une culture du poids maxi

Michel Gillot a conclu son analyse par une phrase qui résume tout le paradoxe de Pereira chez les lourds.

« Alex, c’est une culture du pied-poings sur des années, pas une culture du poids maxi. »

Pereira reste avant tout un cogneur. Sa puissance est légendaire. Mais monter en poids lourd, ce n’est pas juste prendre de la masse. C’est changer toute sa mécanique de combat. La vitesse, l’endurance, les appuis… tout est modifié.

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