Arman Tsarukyan révèle l'enfer vécu par Khamzat Chimaev avant Sean Strickland
Présent aux côtés de Khamzat Chimaev avant son combat contre Sean Strickland, Arman Tsarukyan a livré de nouvelles révélations sur la coupe de poids très compliquée de l'ancien champion des poids moyens. Selon lui, "Borz" savait déjà que ce cutting pouvait lui coûter très cher.

La défaite de Khamzat Chimaev face à Sean Strickland continue de faire parler. Sportivement, le résultat a déjà eu un impact énorme : “Borz” a perdu sa ceinture des poids moyens et son invincibilité. Mais depuis le combat, un autre sujet prend presque autant de place que la décision des juges : l’état réel de Chimaev avant de monter dans l’octogone.
Après les déclarations de son entourage et de T.J. Dillashaw, c’est désormais Arman Tsarukyan qui a raconté les coulisses du cutting. Et son témoignage donne l’image d’un combattant physiquement vidé avant même le début du combat.
Khamzat Chimaev aurait senti le danger avant la pesée
Dans un combat de championnat, la coupe de poids fait partie de la bataille. Mais quand elle devient trop extrême, elle peut changer toute la lecture d’une performance. Arman Tsarukyan, qui était auprès de Chimaev dans cette période, affirme durant le podcast de Ariel Helwani, que le Tchétchène avait déjà conscience du risque avant même d’affronter Strickland.
« Khamzat m’a dit : “Si j’arrive à faire le poids, je risque de perdre.” »
Cette phrase est forte, parce qu’elle montre que Chimaev ne parlait pas seulement d’une coupe difficile. Il semblait déjà sentir que son corps allait payer le prix. Pour un combattant aussi confiant, habitué à imposer sa pression et à faire douter les autres, admettre ce type de crainte avant un combat dit beaucoup de la violence du processus.
Tsarukyan a ensuite décrit une nuit particulièrement inquiétante. Pas une simple fatigue de fin de cutting, mais une vraie alerte physique.
« Après avoir commencé sa perte de poids, il s’est senti très mal. Il a vomi pendant la nuit. Le lendemain matin, il n’avait plus d’énergie et son corps ne transpirait plus. »
Ce passage donne une autre dimension au combat. Quand un corps ne répond plus normalement, le problème dépasse la performance sportive. Il devient une question de sécurité, de lucidité et de capacité à récupérer à temps. Chimaev a tout de même réussi à faire le poids, puis à aller au bout de cinq rounds contre Strickland. Mais selon Tsarukyan, cette réussite sur la balance s’est faite dans des conditions très compliquées.
« On l’a aidé à atteindre le poids, c’était très compliqué. »
Le mot important est peut-être “aidé”. Dans ce contexte, Chimaev ne semble pas avoir simplement géré une coupe habituelle. Il a dû être accompagné jusqu’au bout pour atteindre la limite. Et quand on regarde ensuite son combat face à Strickland, ses moments de baisse de régime prennent une autre signification.
Une erreur de communication qui a peut-être pesé lourd
Le plus dur, dans ce récit, c’est que Tsarukyan pensait que Chimaev pourrait récupérer après la pesée. En MMA, beaucoup de combattants vivent des coupes terribles, puis retrouvent une partie de leurs moyens après la réhydratation. Mais encore faut-il que le corps accepte vraiment de repartir.
Arman explique qu’il avait demandé à Chimaev de lui dire si quelque chose n’allait pas après la pesée. Selon lui, ce signal n’est jamais venu.
« Je lui ai dit de me prévenir s’il se sentait mal le lendemain de la pesée. Je pensais qu’il pourrait récupérer, mais il n’a rien dit. »
Cette phrase est intéressante, parce qu’elle montre aussi une forme de mentalité propre aux combattants. Dire que ça ne va pas peut être vécu comme une faiblesse. Surtout pour un profil comme Chimaev, qui a construit son image sur la dureté, la domination et l’absence de doute. Mais dans un combat de ce niveau, cacher un état physique dégradé peut coûter très cher.
Face à Sean Strickland, Chimaev a tout de même livré un combat serré. Il a eu des moments forts, notamment en début de combat. Mais au fil des rounds, Strickland a imposé son rythme, sa pression constante et cette capacité à rendre chaque minute inconfortable.
Cette révélation ne retire rien à la victoire de Strickland. L’Américain a fait son combat, a respecté son plan et a récupéré la ceinture. Mais elle aide à comprendre pourquoi Chimaev n’a peut-être pas été le monstre physique attendu ce soir-là.
La question, maintenant, dépasse le simple désir de revanche. Chimaev peut-il encore performer durablement chez les poids moyens avec une coupe aussi dangereuse ? Doit-il revoir totalement sa gestion du poids ? Ou monter chez les mi-lourds pour éviter de revivre ce type de scénario ?
Arman Tsarukyan vient en tout cas d’ajouter un élément important au récit de cette défaite.
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