FightTalk Stories - Hexagone MMA : La ligue des pépites qui veut conquérir l'Europe

Née en 2021, Hexagone MMA est devenue la référence française. L'histoire d'un pari audacieux.

FightTalk Stories - Hexagone MMA : La ligue des pépites qui veut conquérir l'Europe

Née en 2021, juste après la légalisation du MMA en France, Hexagone MMA s’est imposée en quelques années comme la référence tricolore. Loin de se contenter de son statut national, la ligue des frères Pourrut vise désormais l’Europe entière. Avec son modèle « sportainment », ses tournois à 100 000 euros et ses shows dans des lieux iconiques, Hexagone MMA écrit une nouvelle page de l’histoire du combat français. L’histoire d’un pari audacieux qui commence à payer.

La genèse : un projet qui germe depuis 2010

L’aventure Hexagone MMA ne commence pas en 2021, mais bien dix ans plus tôt. Les frères Jérôme et Laurent Pourrut, Toulousains d’origine, travaillent dans le milieu du MMA depuis le milieu des années 2000 via leur société Fighting Spirit, spécialisée dans la distribution de droits TV .

« À titre personnel, je travaille autour du MMA depuis le milieu des années 2000, explique Jérôme Pourrut. Avec mon frère, on travaille sur la discipline depuis plusieurs années, par le biais de notre prisme et la distribution de droits TV. » 

Le projet Hexagone MMA existe dans leurs têtes depuis 2010. Mais à l’époque, le MMA est encore interdit en France. Ils patientent. Ils préparent. En 2020, la légalisation tant attendue arrive enfin. Un an plus tard, en juillet 2021, Hexagone MMA organise son premier événement au Zénith de Paris .

La Covid a retardé le lancement, mais l’appétit des frères Pourrut est intact. Ils s’associent avec David Rothschild, producteur de la WWE, pour apporter une dimension spectacle rarement vue dans le MMA français. Les codes du catch — scénographie, présentation des combattants, musique, lumières — sont importés pour créer une expérience immersive .

Le modèle « sportainment » : des combats, mais aussi du divertissement

« On veut que les personnes vivent non seulement un bon moment de sport, mais un bon moment de vie avec de la belle musique et de la belle lumière », résume Jérôme Pourrut .

Cette philosophie, Hexagone MMA la décline dans chacun de ses événements. Exit les salles obscures et les productions minimalistes. La ligue française investit des lieux iconiques : le Théâtre antique d’Orange, les Arènes de Béziers, le Zénith de Paris, l’Aréna de Bordeaux, et bientôt la LDLC Arena de Lyon .

Chaque show est pensé comme un spectacle total. Les combattants sont présentés avec des chorégraphies lumineuses, de la musique, des effets visuels. L’organisation mise sur le « sportainment » — ce mélange de sport et de divertissement qui a fait le succès des grandes ligues américaines.

Le pari est risqué. Mais il séduit. En quelques années, Hexagone MMA est devenu la première ligue de MMA en France, diffusée dans plus de 150 pays via un partenariat avec DAZN, puis avec RMC Sport comme diffuseur officiel dans l’hexagone .

Les pépites : GregMMA, IbraTV, Paul Dena et les autres

Hexagone MMA ne se contente pas de produire des shows. L’organisation attire les talents — et pas seulement sportifs. Parmi ses têtes d’affiche, on trouve des influenceurs stars du MMA français : Grégory Bouchelaghem (GregMMA), Ibrahim Tsetchoev (IbraTV), Paul Denis Navero (Paul Dena) .

Ces noms, connus de millions de followers sur les réseaux sociaux, apportent une visibilité que peu d’organisations européennes peuvent revendiquer. Les annonces de combats réalisent régulièrement des millions de vues sur Instagram. En janvier 2026, l’annonce du combat Paul Dena vs Anzor Baybatyrov à Lyon a explosé les compteurs : 1,6 million de vues, 61 000 likes, 15 000 partages .

Mais Hexagone MMA veut aussi être un tremplin vers l’élite. « On veut raconter des histoires pour que demain, peut-être, les gens se souviendront avoir découvert le futur champion de l’UFC chez HEXAGONE MMA », affirme Jérôme Pourrut .

Derrière les influenceurs, la ligue mise sur une véritable pépinière de talents. Des noms comme Théo Ulrich, Wilson Varela, Matthieu Letho Duclos ou Nika Kobakhidze construisent leur parcours sous la bannière Hexagone. Certains sont invaincus. D’autres visent les ceintures. Tous représentent l’avenir du MMA français.

Le tournoi à 100 000 euros : une révolution dans le paysage français

En 2025, Hexagone MMA frappe un grand coup. L’organisation lance le premier tournoi à 100 000 euros de l’histoire du MMA français . Deux catégories sont concernées : les poids légers (70 kg) et les poids moyens (84 kg). Deux vainqueurs. Deux chèques à six chiffres.

Le format est simple et impitoyable : quarts de finale, demi-finales, finale. Les combattants s’affrontent sur plusieurs mois, avec une pression maximale à chaque sortie. Le tournoi est devenu l’un des arguments phares de la ligue, attirant des profils venus de toute l’Europe.

En mai 2026, à Bordeaux, les demi-finales du tournoi lightweight opposent Théo Ulrich à Nicolae Bivol et Wilson Varela à Davy Gallon . Deux combattants se qualifieront pour la finale et tenteront de décrocher le pactole.

Ce tournoi incarne l’ambition d’Hexagone MMA : offrir des opportunités financières aux combattants européens, les pousser dans leurs retranchements, et créer des récits captivants pour le public.

L’ancrage territorial : Toulouse, Bordeaux, Lyon et les autres

Hexagone MMA est née à Toulouse. C’est là que les frères Pourrut ont installé leurs locaux, loin des structures sportives parisiennes. Un choix politique fort. « Avec mon frère, nous avons toujours souhaité organiser un gala de MMA à Toulouse. Finalement, il aura fallu attendre le 18e événement d’HEXAGONE MMA pour que ça arrive. C’est en quelque sorte un rêve qui se réalise », confie Jérôme Pourrut .

La ligue ne se contente pas de la capitale. Elle sillonne la France : Reims, Montpellier, Nantes, Lille, Bordeaux, Lyon, Orange. Chaque ville accueille un show sur mesure, avec des combattants locaux mis en avant. À Toulouse, Hexagone MMA s’est associé avec la Tactical Fight Team, le plus grand club de MMA local, pour offrir une carte à plusieurs talents toulousains .

Cette stratégie d’ancrage territorial crée une fidélité forte. Chaque événement devient un rendez-vous attendu par les fans locaux, qui voient leurs représentants s’illustrer dans une production digne des plus grandes ligues.

L’expansion internationale : l’Europe et le monde

Ancrée en France, Hexagone MMA a des ambitions bien plus larges. Dès 2022, l’organisation a organisé un événement à Dubaï. Puis en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Hongrie . En trois ans, Hexagone MMA a tenu 37 événements majeurs, en plus des Hexagone MMA Series .

Le partenariat avec DAZN, renouvelé pour la saison 2025, a permis de diffuser les combats dans plus de 150 pays . En France, c’est RMC Sport qui assure la couverture, avec des directs et des rediffusions en replay .

« L’objectif était de devenir l’un des meilleurs voire le numéro 1 européen », assume Jérôme Pourrut . L’UFC reste la Ligue des Champions du MMA, reconnaît-il. Mais Hexagone MMA se positionne comme le tremplin idéal, l’échelon juste en dessous de l’élite mondiale.

La concurrence et l’avenir : numéro 1 en France, et après ?

Hexagone MMA n’est pas seul sur le marché français. L’ARES FC, créée en 2019, propose également des événements de qualité. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : Hexagone MMA a organisé plus d’événements, attiré plus de spectateurs, et signé des partenariats média plus importants.

La ligue a récemment annoncé Winamax comme partenaire titre . Les événements sont désormais commercialisés sous le nom « Hexagone MMA Winamax ». Un contrat de naming qui confirme la montée en puissance commerciale de l’organisation.

Pour l’avenir, les frères Pourrut rêvent de remplir des stades. « On court un marathon. On ne fait pas un 100 m. L’objectif est de remplir des stades en 2025 et 2026. On verra où ça va nous porter », expliquait Jérôme Pourrut en 2024 .

Aujourd’hui, en 2026, l’organisation a déjà posé sa cage à la LDLC Arena de Lyon (12 000 places) et vise le Théâtre antique d’Orange pour l’été . Les stades commencent à s’ouvrir. Le marathon continue.

L’héritage d’une ligue qui grandit avec son sport

Hexagone MMA est née en même temps que le MMA légal français. Les deux ont grandi ensemble, se sont nourris mutuellement. En cinq ans, la ligue est passée d’un pari risqué à une référence incontournable.

Son modèle « sportainment » a séduit un public large, des puristes aux néophytes. Ses tournois à 100 000 euros ont créé des enjeux inédits. Son ancrage territorial a fédéré au-delà des grandes métropoles. Sa diffusion internationale a porté les couleurs françaises bien au-delà des frontières.

Reste une question : Hexagone MMA peut-elle devenir un jour un concurrent sérieux de l’UFC en Europe ? La réponse est sans doute non — et ce n’est pas vraiment le but. L’UFC est la Ligue des Champions. Hexagone MMA veut être la Ligue 1 : un championnat national de haut niveau, avec ses stars, ses rivalités, ses histoires.

Et si le MMA français continue de grandir, c’est en partie grâce à elle.

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