Ciryl Gane prépare Alex Pereira avec l'homme qui l'a déjà battu

Ciryl Gane affrontera Alex Pereira lors de l'UFC Freedom 250, organisé à la Maison-Blanche. Pour préparer ce choc chez les poids lourds, le Français s'est entouré d'Artem Vakhitov, dernier homme à avoir battu "Poatan" en kickboxing.

Ciryl Gane prépare Alex Pereira avec l'homme qui l'a déjà battu

Ciryl Gane sait que combattre Alex Pereira ne se résume pas à éviter une grosse droite. Face au Brésilien, le danger vient de tout un ensemble : le timing, la patience, la pression psychologique, la puissance et cette impression permanente qu’une seule erreur peut suffire.

Pour préparer ce défi, “Bon Gamin” a donc choisi un renfort très particulier. Pas seulement un bon sparring-partner. Pas seulement un striker de haut niveau. Mais Artem Vakhitov, l’un des rares hommes à avoir partagé de longs rounds avec Pereira et à l’avoir battu en kickboxing.

Artem Vakhitov connaît le danger Pereira de l’intérieur

Ce choix est loin d’être anodin. Artem Vakhitov a affronté Alex Pereira deux fois en 2021, juste avant l’arrivée du Brésilien à l’UFC. Leur première rencontre s’est terminée sur une victoire de Pereira par décision partagée. La revanche, elle, a permis au Russe de récupérer son titre au Glory par décision majoritaire.

Autrement dit, Vakhitov ne parle pas de Pereira comme un simple observateur. Il connaît ses appuis, son rythme, sa puissance, mais aussi les moments où il peut être touché. Dans l’UFC Countdown, il a justement identifié ce qui rend “Poatan” aussi dangereux, tout en pointant une zone exploitable.

« Ce qui rend Alex Pereira dangereux, ce sont ses mains de pierre. Il a mis beaucoup de gens KO en kickboxing et en MMA. Une technique minimale, mais des frappes très efficaces qui touchent. Sa faiblesse, c’est son ouverture. »

Cette analyse est précieuse pour Gane, car elle ne tombe pas dans l’excès. Vakhitov ne minimise pas Pereira. Il reconnaît même ce qui fait sa force : peu de gestes inutiles, des frappes simples, mais un impact énorme. Le Brésilien n’a pas besoin de produire beaucoup pour faire basculer un combat. Il lui suffit souvent d’un bon timing.

Mais selon Vakhitov, cette efficacité offensive a un coût défensif. Pereira avance, déclenche fort, engage ses frappes, et peut laisser des espaces. C’est exactement là que Gane peut avoir une carte à jouer avec sa mobilité, ses déplacements et sa capacité à frapper sans rester planté devant son adversaire.

La clé mentale : ne pas combattre le mythe Pereira

Le plus intéressant dans les conseils de Vakhitov, c’est qu’ils ne sont pas uniquement techniques. Le Russe insiste aussi sur la dimension mentale. Beaucoup de combattants arrivent face à Pereira déjà marqués par sa réputation. Ils savent qu’il peut les éteindre. Ils savent que chaque erreur peut coûter cher. Et parfois, cette peur les empêche de vraiment imposer leur combat.

Vakhitov veut justement éviter que Gane tombe dans ce piège.

« Beaucoup d’adversaires perdent mentalement dans le combat, parce qu’ils entrent déjà avec la peur de lui. Il ne faut pas faire ça. Il faut prendre l’initiative soi-même. Avancer, être agressif, et là, il commence à se perdre. »

Ce bloc donne une vraie piste stratégique. Face à Pereira, reculer sans cesse peut devenir dangereux. Lui laisser le centre, c’est lui donner le temps d’installer ses appuis, de lire les réactions et de préparer le coup qui change tout. Vakhitov semble donc conseiller à Gane de ne pas seulement fuir le danger, mais de lui imposer aussi des séquences inconfortables.

Cela ne veut pas dire que le Français doit se jeter dans une guerre. Ce serait probablement le pire choix contre un puncheur comme Pereira. Mais il devra peut-être trouver un équilibre : bouger, oui, mais sans subir. Feinter, toucher, sortir, puis reprendre l’initiative avant que “Poatan” ne puisse le figer.

Pendant l’analyse vidéo, Vakhitov a aussi attiré l’attention de Gane sur un détail récurrent.

« Il garde le menton très haut. Tout le monde a peur. Tu n’as pas besoin d’avoir peur. »

Cette phrase peut devenir centrale dans la préparation du Français. Gane possède le style pour faire réfléchir Pereira, mais il devra croire à son plan. S’il combat avec trop de prudence, il risque de laisser Pereira imposer son rythme. S’il garde confiance dans ses entrées et sorties, il peut rendre le combat beaucoup plus compliqué pour le Brésilien.

Vakhitov voit Ciryl Gane finir le travail

Artem Vakhitov ne s’est pas contenté de donner quelques conseils. Il a aussi livré un pronostic fort. Selon lui, la montée de Pereira chez les poids lourds pourrait ne pas jouer en sa faveur. Le Brésilien a pris du volume, mais face à un poids lourd naturel comme Gane, cette prise de masse pourrait aussi réduire sa mobilité ou modifier ses sensations.

« On a vu qu’Alex avait pris du poids. Je ne pense pas que cela jouera en sa faveur, parce que Ciryl est à l’aise à ce poids. »

Là encore, l’idée est intéressante. Pereira arrive avec plus de masse et plus de puissance potentielle. Mais Gane connaît déjà cette catégorie. Il sait bouger avec un corps de poids lourd, gérer des grands gabarits, tenir le rythme et utiliser ses jambes sur plusieurs rounds. C’est une différence importante.

Vakhitov va même plus loin dans son pronostic.

« Le combat se terminera tôt. Ciryl finira le travail. »

La phrase est forte, presque surprenante, car beaucoup imaginent plutôt Gane gagner en mouvement et aux points s’il parvient à éviter les coups de Pereira. Vakhitov, lui, voit une issue plus directe. Il pense que le Français peut non seulement gêner “Poatan”, mais aussi l’arrêter.

Reste à savoir si cette lecture survivra à la réalité de la cage. Alex Pereira n’est plus exactement le même combattant que lors de ses combats au Glory. Le MMA a ajouté d’autres dimensions à son jeu, son expérience à l’UFC l’a transformé, et sa puissance reste une menace constante. Mais l’aide de Vakhitov donne à Gane un avantage rare : celui d’un homme qui a déjà senti le timing de Pereira, qui a déjà résisté à sa puissance, et qui a trouvé des réponses.

À l’UFC Freedom 250, Ciryl Gane ne combattra donc pas seulement avec son propre bagage. Il entrera dans la cage avec des informations venues d’un ancien rival de Pereira. Cela ne garantit rien. Mais face à un adversaire aussi dangereux que “Poatan”, le moindre détail peut devenir une arme.

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